vendredi 11 septembre 2015

Brassens : Lettres à Toussenot joue les prolongations au Guichet Montparnasse : Entretien


En mars dernier, nous vous avions présenté la Compagnie Je Suis Ton Père en marge de son spectacle poétique et philosophique évoquant la correspondance de Georges Brassens avec son ami Roger Toussenot. Fort de son succès, la compagnie a décidé de prolonger son aventure littéraire et théâtrale en se lançant, avec le soutien de la Fondation La Poste, dans une nouvelle saison qui a débuté le 3 septembre et se terminera le 17 décembre 2015. C’est une nouvelle fois au Guichet Montparnasse, dans le 14ème arrondissement, les jeudis et dimanches de chaque semaine que vous pourrez retrouver Vincent Mignault, Nicolas Fumo, Laure-Estelle Nézan et Amélie Legrand pour leur « chronique poétique et spectaculaire ». J’ai eu le privilège de rencontrer Vincent et Nicolas le 2 septembre à l’occasion de leur répétition générale. Nous avons échangé sur leur pièce, sur Brassens et plus largement sur le monde du théâtre.

Cette nouvelle saison est l’occasion pour la compagnie de continuer de jouer son spectacle mais également d’y apporter quelques changements.
« Il y a les petites modifications en terme de diction et d’intonation qui se font naturellement au fur et à mesure en fonction de leur impact sur le public. Mais surtout, avec les différents retours positifs et constructifs qu’on a eus, on a modifié la première partie de la pièce qui était de l’avis d’un peu tout le monde un peu trop brute. On sentait que le public avait du mal à entrer dans le spectacle et mettait un peu de temps à intégrer notre trame. »

Il est vrai que ces fameuses lettres sont d’un niveau littéraire incroyable et sont le fruit d’une réflexion très impressionnante pour un jeune homme de 25 ans. C’est d’ailleurs la qualité des textes qui a conduit Vincent et Nicolas à se pencher plus sérieusement sur ces conversations avec l’idée d’en faire un spectacle.
« J’ai acheté l’intégrale Brassens, contenant ces lettres, en 2008 et j’ai littéralement été soufflé par la qualité du texte, me raconte Vincent. Après les avoir fait lire à Nicolas, nous nous sommes identifiés à Brassens et sa difficulté à s’intégrer dans un monde qu’il ne pensait pas fait pour lui. L’idée du spectacle est venue ensuite avec l’envie de présenter un passage totalement méconnu de la vie de Brassens. »

Pour éviter le piège de la récitation pure et simple et un peu ennuyeuse, les metteurs en scène ont pris le parti de sélectionner les lettres les plus intéressantes et même de combiner certaines d’entre-elles.
« Le choix des lettres a été très difficile mais il était impératif de monter un projet artistique d’une durée ne dépassant pas 1h15. Certaines lettres sont à l’origine de chansons de Brassens, nous avons donc décidé de les intégrer et ça nous a permis de donner du dynamisme à la pièce. En plus, elles conduisent les spectateurs à mener une véritable réflexion sur Brassens, sur la vie et sur eux même ! On est très fier de participer à cela. »

A la fin du mois de décembre, la Compagnie Je suis ton père pourra s’enorgueillir d’avoir une année de représentations derrière elle. De quoi se permettre de partir jouer en province ?
« Nous avons, en effet, le projet de voyager avec ce spectacle. Notre participation au festival Coup de Théâtre de Massy en octobre 2015 est déjà actée et nous postulons actuellement dans différents théâtres à travers la France avec en point de mire le festival d’Avignon 2016. Aujourd’hui la notoriété d’un spectacle se fait sur la durée, à travers le nombre de représentations données. Cette résidence au Guichet Montparnasse est donc primordiale pour nous à tout point de vue. »

Pour conclure je leur ai posé LA question Parisian Walkways concernant leur bar et restaurant préférés.
« Le Motel dans le 12ème, c’est un bar simple avec une ambiance géniale. Et en plus on avait gagné des coupes de Champagne lors d’un de leur quizz. Au niveau restaurant, il y a le Kiez, un restaurant allemand du 18ème arrondissement. C'est là que nous allions discuter, relire et travailler le spectacle en déjeunant. »

Amateurs de Brassens ou simplement de beaux textes, courrez voir ce spectacle, vous en ressortirez grandis !


Guillaume

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