jeudi 24 octobre 2013

Lichtenstein à Pompidou, l'art comme objet d'art

Certaines expositions nous attirent, au premier abord, plus que d’autres. On aperçoit l’affiche dans le métro ou au détour d’un kiosque à journaux, mais bien que celle-ci soit accrocheuse, on ne se résout pas à franchir le pas. Pourtant, il arrive qu’en se forçant un peu, on ne regrette absolument pas de s’être dit « Après tout, pourquoi pas ! ». C’est ce qu’il s’est passé pour l’exposition sur Roy Lichtenchtein, visible au 6ème étage du Centre Pompidou. L’expo, ouverte depuis le mois de juillet, ne m’avait pas particulièrement attirée. Ce n’est qu’en remarquant sur une affiche qu’elle se terminait le 4 novembre que je me suis finalement laissé tenter. Bien m’en a pris puisque c’est une exposition exceptionnelle.

            Profitant de l’allongement des horaires d’ouverture, jusqu’à 23h, pour la fin de l’exposition, nous sommes arrivés vers 19h30 au Centre Pompidou. L’horaire est vraiment intéressant car à cette heure les touristes ne sont plus là et les parisiens noctambules ne sont pas encore arrivés. C’est donc plutôt tranquillement que nous avons pu observer les œuvres.
           
La première salle nous met directement dans l’ambiance, l’une des œuvres principales de l’artiste nous accueille. Il s’agit de celle représentant Mickey et Donald à la pêche. Suivent d’autres « classics », le Hot-Dog, le Couché de soleil, le Pneu… Le Pop Art dans toute sa splendeur. Bien évidemment les légendaires toiles inspirées des bandes dessinées sont présentes, avec ces femmes blondes qui nous sont familières aujourd'hui. Les couleurs sont vives et variés, les formes très épurées, les traits réguliers, les pois parfaitement alignés, on retrouve dans les premières salles tout ce que l’on connait de Lichtenchtein. En plus des toiles, on observe avec plaisirs la série sculptures de femmes recouvertes de points.  Bien que cela soit assez intéressant, il n’y a rien de vraiment surprenant.

Une exposition courte mais très accessible où toutes les toiles sont passionnantes.


            La suite de l’exposition l’est bien plus. On découvre les autres inspirations du peintre. La première est très originale et sort quelque peu du style Lichtenchtein. Elle consiste à représenter le coup de pinceau lui même dessiné, et mis en valeur sur la toile, comme objet de représentation et mouvement originel de la création. Belle réflexion sur l'art ! Viennent ensuite des adaptations personnelles de styles d’autres peintres. Il ne s’agit pas de plagiat, l’artiste assume totalement l’origine de ces toiles, jusqu’à faire référence à l’auteur dont il s’est directement inspiré dans le nom de l’œuvre. Il opère un  métissage entre son trait et celui de Picasso, Matisse, entre autres, et le résultat est surprenant, tout à fait harmonieux. Enfin, le parcours se termine par une salle dédiée à l'art zen, comme toujours les pois sont présents, mais les couleurs sont moins vives, plus apaisantes. Comme pour beaucoup d’artistes, en vieillissant, il semble empli d’une certaine sagesse. Nous sommes très loin du Lichtenchtein que l’on connait. « Connaissait » devrais-je dire, puisque désormais nous savons que son œuvre est loin de se résumer à des comics ou à des onomatopées.
 

            L’exposition est plutôt courte, elle dure environ une heure. Les textes inscrits sur les murs sont très intéressants. Ils sont souvent accompagnés de citations de l’auteur qui nous permettent de mieux comprendre son art. Il nous dit notamment : « Je veux que mon tableau ait l’air d’avoir été programmé, je veux cacher la trace de ma main.». C’est un point de vue qui tranche véritablement avec les autres peintres, et qui ne rend pas moins intéressant cette superbe expo  accessible à tous grâce à la beauté des œuvres et à la simplicité des sujets.

Guillaume




1 commentaire:

  1. Bien loin du snobisme dégagé par la personnalité de Warhol ! (yes je l'ai placé !)
    Belle mise en page Gus ;)

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