lundi 24 juin 2013

Hey ! PartII, ma claque visuelle à la Halle Saint Pierre.

              Vous êtes sans doutes passés un jour tout près de la Halle Saint Pierre, ce grand pavillon à l'architecture très Art nouveau, juste au pied de la Butte Montmartre. Vous vous êtes peut être même demandé ce que contenait ce drôle d'écrin coloré. Le musée (car c'en est un) referme en ses murs l'une des collections d'art « brut » les plus importantes de France, et accueille pour la seconde fois en deux ans une exposition en partenariat avec la revue artistique « Hey ! », et ce jusqu'à fin août.
   
N'allons pas trop vite. Qu'est ce que l'art brut ? Un genre artistique qui en soi, est un véritable paradoxe. Cette appellation rassemble l'art de ceux qui s'émancipent de toute catégorie. Les créateurs eux mêmes ne se considèrent pas comme des artistes. Ce sont des enfants, des ermites, des malades, des prisonniers, des néophytes seulement éclairés par leur amour des matières. Non pas comme un hobby, mais comme une pulsion vitale qui leur est aussi naturelle et nécessaire que la  respiration ou la parole. Et tout aussi désintéressée. Un musée d'art brut est donc, a priori, une aberration ! Et pourtant, d'éminents artistes, tels que Jean Dubuffet en son temps, éprouvent une grande fascination pour ces « non-artistes » qui parlent leur propre langage. Les collections sont nées, bien loin cependant  du Gotha du marché de l'Art.  Dans une époque où la création peut se résumer à un recyclage érudit ou à un moyen de contestation plus ou moins élaboré – cela n'engage que moi – pourquoi ne pas créer de nouvelles images, et sa propre mythologie ? La collection d'art brut de la Halle Saint Pierre est une invitation à pénétrer le temple intérieur de chaque créateur. Matières insolites, naïveté du trait, brutalité de l'image ou encore processus obsessionnels : il y a autant d'arts que d'êtres, que d'imaginaires.

Effrayante ou jouissive, cette exposition ne vous laissera pas indifférents.


La revue « Hey ! », qui programme pour la deuxième année consécutive son exposition au pied de la Butte,  nous offre l'opportunité de découvrir de nombreux artistes de tous horizons qui tendent à s'affranchir des normes. Ce n'est pas une exposition d'art brut, mais on trouve chez ces artistes un vrai souffle, un désir de s'exprimer sans barrière de bienséance, avec une spontanéité qui se rapproche de l'art brut. En prenant le contre-pied de l'art abstrait contemporain, ils nous emmènent dans leur livre d'image, leur univers personnel, drôle, horrifique et sensuel. Acide. L'humour et la spontanéité s'allient à la noirceur, l'exposition, sur deux étages, nous fait concrètement passer de l'ombre à la lumière.


Tous les supports sont utilisés et détournés pour dire quelque chose de violent et de charnel sur notre époque. Vous ne sortirez pas indemnes de ce Musée des Horreurs poétique et grandiose. Peut être serez vous envoûtés par les gazelles au visage humain de Kate Clark, intrigués par les crânes tissés de James Skull, ou les déesses biomécaniques de HG Giger, le créateur du monstre d'Alien ? En passant par les tapis de sol à message politique de Moolinex, hilarants. Toutes ces œuvres sont en équilibre entre l'imaginaire débridé des artistes et le monde contemporain. Ils écrivent, petit à petit, la légende notre siècle. 

Margot

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