samedi 26 janvier 2013

Le Café de la Gare : petit théâtre, grands talents


Contre toute attente, Parisian Walkways ne vous emmènera pas aujourd'hui dans un de ces cafés que nous affectionnons. Non, non. Paris est un lieu de rencontres enrichissantes où l'on fait bonne chaire, mais le plaisir ne se trouve pas seulement dans les bistrots ou les bars à cocktail. Aujourd'hui, chers lecteurs, nous vous emmenons au théâtre.
          
            Ça vous dirait une virée dans un lieu où certains des pointures du cinéma et du théâtre français ont fait leurs gammes ? Alors suivez nous dans cet écrin caché au fond d'une cour pavée du Marais. Le lieu est déjà emprunt d'art. En tendant l'oreille vous capterez peut être quelques notes des cours de chants d'Armande Altaï, ou la musique sensuelle d'un cours de flamenco. En faisant la queue, nous faisons la causette avec une dame suisse, en vacances à Paris. Une amatrice de spectacles, quelle aubaine ! Dans ce genre d'endroits cosmopolites, où toutes les générations se croisent, un dialogue souvent enrichissant se crée. Antisociaux ces parisiens ?


Un théâtre convivial ou les mots "stress" ou "prise de tête" n'existent pas. 


            Le Café de la Gare est emprunt d'une vraie personnalité, nous le sentons dès que Sotha (alias Catherine Sigaux), génie à lunettes et pas moins que comédienne, directrice et dramaturge, nous ouvre les portes de ce théâtre qui a un fonctionnement bien à lui. Retapé par une bande d'amis comédiens en 1969, Miou-Miou, Coluche, Dewaere, Depardieu, Jugnot... sous la direction de Romain Bouteille, le théâtre est fait de bric et de broc, c'est une petite caverne au trésor qui sent le vieux bois, où nous observent les décors et photos émouvantes des spectacles passés.
A cette époque, la renommée du lieu se fit grâce à une gamme de prix peu ordinaire. Chaque client bénéficiait d’un tarif aléatoire tiré au sort par une roue actionnée par les acteurs. Ainsi les plus chanceux payaient un franc quand les autres devaient s’acquitter du prix d’une place de cinéma.

Le lieu est vivant, l'ambiance de travail et le fonctionnement restent conviviaux et fondés sur l'entraide, comme à ses débuts. Les acteurs-artisans semblent traversés par ce bonheur simple de jouer, arrivant à la cool (soit 10 minutes seulement avant le spectacle !), démontant eux même le décor, chantant à tue-tête derrière le rideau après le spectacle. Mais  quel spectacle me demanderez-vous ? Pas qu'un, mais plusieurs, s'alternant dans la semaine : en ce moment, La Maîtresse en maillot de bain de Fabienne Galula – une chronique très rafraîchissante et politiquement incorrect de l'enseignement en maternelle, vu et approuvé ! - et aPhone de Jérémy Manesse, tableau au vitriol de notre civilisation I-tech.

            Pour des prix doux, (10€ pour les étudiants si on se rend directement sur place!) nous avons droit à une après midi ou soirée de rires, de rencontres, où l'on a un aperçu de la variété artistique de notre capitale, si riche en petits théâtre et en grands talents.

Margot. 

1 commentaire:

  1. La pièce "Thé à la menthe ou t'es citron ?", gros succès en 2011 (prix de la meilleure pièce comique) a été jouée dans ce théâtre !

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