vendredi 30 novembre 2012

Le Miroglio Caffe, un café turinois en voie de disparition !

Chocolats turinois et assiette de pâtisseries.

Depuis l'année dernière, ma sœur me parlait sans cesse de Florence, où elle a séjourné. Aaah l'Italie... son architecture, ses églises, ses chocolats chauds. « Introuvables à Paris » me narguait-elle. C'est ce que je pensais aussi il y a encore quelques jours, avec une certaine résignation. « Après tout, ça me donnera une bonne raison d'aller faire un tour dans la Grande Botte. »        En attendant mon escapade, j'ai découvert un petit café turinois tout près de Beaubourg : un écrin bohème-chic, paré de lampions et autres lustres rococo, où des serveuses irrésistibles chantent à tue-tête des tubes pop italiens.


Bon, la boustifaille italienne on connaît, vous me direz. Pastas, pizzas... Pas très exotique. Ce qui m'a donc attiré en premier, c'est la carte du Miroglio. Du classique avec de nombreux plats de pâtes qui évoluent au cours des semaines, mais aussi des choses que nous connaissons peu finalement : les antipasti. Petits mets salés qu'on déguste à l'Apericena (véritable concept turinois, ce qui se rapproche de nos apéros dînatoires) accompagnés d'un verre de Lambrusco, ces tapas à l'italienne méritent d'être dégustées : légumes grillés, tramezzini, ces petits sandwichs, chouchous des comédiens ou les membres de la famille royale qui devaient manger sur le pouce en 1925...

Un café unique en son genre mais pourtant en danger.


Si vous arrivez dans le quartier pour le goûter, faites une petite diète le midi ou le soir. La carte est riche et assez inédite. En plus des cappuccini et autres cafés qui font la renommée des ritals, on peut y découvrir le bicerin, boisson que l'on buvait à la Cour au XIXe siècle. Sorte de capuccino agrémenté de lait ou de sirop, il peut être servi avec des pâtisseries proposées par le café, aussi réconfortantes qu'élégantes : baci di dama (ou « baisers des dames », vous découvrirez ce que c'est vous même !), les fameux canoli – petits roulés au citron ou au chocolat -, et les sfogiatelli, mes chouchous, à base de pâte feuilletée et de crème, entre autres délices... Enfin les chocolats chauds contredisent les dires de ma soeurette : on les trouve à Paris, ces petites merveilles ! Au gianduja ou à la liqueur d'amaretto, ils sont si épais qu'on les déguste à la cuillère. Un mot : inoubliable. Une petite promenade jusqu'à la Fontaine Stravinsky s'impose.

Ce café délicat est pourtant menacé. Pour une raison qui nous échappe, le lieu ferme ses portes fin décembre suite à une décision du tribunal. C'est un vrai appel que vous lance Parisian Walkways aujourd'hui. A la fois distingué et chaleureux, le café attire les parisiens et les étrangers de passage sans être un piège à touristes. Les prix sont raisonnables pour la qualité de ce qu'on y boit et mange : comptez une douzaine d'euros par personne. C'est une occasion rare de  savourer des bonnes choses à deux pas de la foule et du bruit, isolés sur un petit îlot de douceur. Venez (vite !) y accoster avant qu'il ne disparaisse sous les eaux de la crise.


Margot

1 commentaire:

  1. Nouvelle info concernant le Miroglio Caffé, la fermeture définitive du caffé est repoussée au 23 janvier. Vous avez donc encore un peu plus d'un mois pour aller profiter des derniers chocolats et autres pâtisseries turinoises.

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