mardi 8 janvier 2013

« Dieu(x), modes d'emploi » au Petit Palais : à la redécouverte des spiritualités.


Au cœur d'un cadre somptueux et jusqu'au 3 février, le Petit Palais nous donne l'occasion d'enrichir notre regard sur les « grandes » religions et celles qui nous sont peu connues, de méditer sur le monde et la place qu'on y occupe, croyant ou non.
           
L'exposition est audacieuse car au cœur d'un contexte où l'on s'interroge sur les bornes des pratiques religieuses dans une société française dite laïque. Le parcours que nous propose le Petit Palais n'a pas pour objectif de nous enseigner différentes théologies de manière chronologique, mais de stimuler notre curiosité. Le parcours thématique à travers une vaste collection des quatre coins du monde, présente en plusieurs étapes, la morphologie interne de toute pratique: la représentation des divinités ou leurs symboles (car de nombreuses religions, comme l'Islam ou le judaïsme, proscrivent toute idole), la manière dont elles sont vénérées et présentes dans la vie des croyants (à travers différents rites initiatiques, cérémonies, traitements du corps) , ce qu'ils attendent de l'au delà (avec une dizaine de témoignages vidéo, très émouvant et à contre-courant des idées reçues), les lieux de culte, mais aussi les violences que les religions engendrent malgré elles.



Les religions sont présentées sous toutes leurs formes, allant du texte saint à la caricature.


AFP - François Guillot
D'une part, l'exposition a le grand mérite de nous présenter des aspects moins connus des religions dites « du Livre » : saviez vous par exemple qu'une communauté chrétienne existait au Japon ? D'autre part, le dialogue des pratiques et croyances éloignées géographiquement et temporellement permet de découvrir des filiations entre celles ci. On retrouve les mêmes objets de culte, tels que les encensoirs ou les chapelets, en Europe ou en Asie. Le chamanisme et le taoïsme prônent l'amour d'une nature ou tout est doué d'âme, une harmonie. Les « Nommos » africains, les quatre premiers hommes et femmes du monde, ne seront pas sans rappeler les Adam et Ève de la religion catholique. Enfin, des objets de cultes inconnus de notre société nous procurent le plaisir presque enfantin  face à l'inconnu, aux couleurs et à la joie. Je reste bouche bée devant une coiffe bolivienne,  flamboyante et monstrueuse, utilisée dans les danses qui chassent le Diable. On nous raconte de belles histoires pendant deux heures, celles de la naissance des mondes, Genèses à la fois exotiques et familières grâce aux notes très détaillées et claires au bas de chaque statue, toile, etc... Ce sont les figures palpables des grandes forces abstraites dont on aimerait bien, au fond, être les sujets.
AFP - François Guillot


Tout à fait ancrée dans la vie d'un grand nombre de nos contemporains, la religion sous toutes ses formes s'efforce encore de faire le lien entre une certaine philosophie et une actualité en accélération perpétuelle. Les dessins de Plantu, les BD qui racontent les différentes religions aux plus petits, les maquettes de lieux de cultes tout à fait modernes ou la création musicale de Cédric Dambrain, à écouter absolument à la fin de l'expo, sont les murmures d'une spiritualité qui s'interroge et veut encore nous dire quelque chose aujourd'hui. Cette exposition, qui laisse aussi une place à l'athéisme, ne laisse pas indifférent, à défaut de comprendre et d'adhérer à ces pratiques. C'est une occasion rare de se rappeler cette importante part de la beauté humaine.



Margot.

1 commentaire:

  1. Belle présentation de cette exposition qui pose la problématique du rapport de l'homme au divin avec un éclairage sur les pratiques, les rites et les représentations.

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